Pourquoi je change autant selon les périodes ?

Il y a des moments où l’on se sent capable de déplacer des montagnes.

On a de l’énergie.
Des idées.
L’envie d’avancer.
De parler.
De créer.
De reprendre sa vie en main.

 

Puis, quelques jours ou quelques semaines plus tard, tout semble différent.

On devient plus sensible.
Plus irritable.
Plus fatigué.
On ressent le besoin de ralentir.
De s’isoler.
De remettre certaines choses en question.

 

Et souvent, une même pensée revient :

Pourquoi est-ce que je change autant ?

 

Le problème, c’est que beaucoup de personnes ont appris à voir ces variations comme un défaut.

Comme quelque chose qu’il faudrait corriger.
Stabiliser.
Contrôler.

Alors elles se jugent.

 

Elles culpabilisent d’être motivées un jour… puis épuisées le lendemain.
D’avoir envie de voir du monde à certaines périodes… puis de disparaître à d’autres.

 

Et à force de ne pas comprendre ces changements intérieurs, on finit parfois par croire que quelque chose ne va pas chez nous.

 

Pourtant, ces variations racontent souvent bien plus de choses que l’on ne l’imagine.

 

Mettre des mots sur ce qui se passe

 

Aucune personne ne ressent exactement les mêmes émotions, les mêmes besoins et les mêmes niveaux d’énergie en permanence.

 

Nous traversons tous des périodes différentes.

Des périodes où l’on a besoin de mouvement.
D’autres où l’on a besoin de calme.

Des périodes où l’on se sent sociable.
Confiant.
Inspiré.

Et d’autres où l’on ressent davantage le besoin de recul, de silence ou de protection.

 

Le problème, ce n’est pas le changement.

Le problème, c’est que l’on vit dans un monde qui valorise énormément la stabilité constante.

Être toujours performant.
Toujours motivé.
Toujours disponible.
Toujours régulier.

 

Alors forcément, lorsque notre énergie change, beaucoup d’entre nous ont l’impression de devenir "trop".

Trop sensibles.
Trop émotifs.
Trop changeants.

 

Mais ces variations ne sont pas forcément un problème.

Elles sont souvent des signaux.

 

Des indications précieuses sur notre état intérieur, notre fatigue, nos besoins, notre rythme ou notre équilibre émotionnel.

 

Comment on en arrive là

 

Beaucoup de personnes grandissent en apprenant à ignorer leurs propres rythmes.

On nous apprend à continuer.
À produire.
À tenir le même rythme chaque jour.

 

Même lorsque le corps ralentit.
Même lorsque les émotions deviennent plus fortes.
Même lorsque l’on aurait besoin de repos.

 

Alors progressivement, on se déconnecte de ses variations naturelles.

On commence à se juger au lieu de s’écouter.

 

Lorsque l’on est plein d’énergie, tout va bien.
Mais dès que l’on fatigue, on culpabilise.

 

On se dit que l’on manque de discipline.
Que l’on devrait mieux gérer.
Que l’on devrait être plus constant.

 

Et à force de lutter contre ses propres besoins, une tension intérieure finit souvent par apparaître.

Certaines personnes deviennent dures avec elles-mêmes.
D’autres s’épuisent à vouloir rester toujours identiques.

 

Mais le problème n’est pas toujours le manque de stabilité.

Parfois, le problème est simplement le fait de ne jamais avoir appris à vivre en respectant son propre rythme.

 

Les conséquences invisibles du décalage intérieur

 

Lorsqu’on lutte constamment contre ce que l’on ressent, le corps et l’esprit finissent souvent par fatiguer.

 

Cela peut créer :
une surcharge émotionnelle,
une perte d’énergie,
de l’irritabilité,
une sensation d’être incompris,
ou même l’impression de ne plus se reconnaître.

 

Certaines personnes alternent entre des phases d’élan intense… puis des périodes d’épuisement profond.

D’autres ont l’impression d’être constamment en contradiction avec elles-mêmes.

Un jour, elles veulent sortir, parler, avancer.
Le lendemain, elles veulent juste du silence.

 

Et comme elles ne comprennent pas toujours ces changements, elles finissent parfois par se méfier d’elles-mêmes.

Elles n’osent plus écouter leurs ressentis.

 

Parce qu’elles ont peur de :
changer d’avis,
être jugées,
paraître instables,
ou ne pas réussir à tenir dans la durée.

 

Le plus difficile, c’est que cette lutte intérieure peut devenir extrêmement épuisante.

 

On passe son temps à essayer d’être quelqu’un de constant… alors qu’au fond, tout notre être réclame davantage d’écoute et d’adaptation.

 

Et si le problème n’était pas vos variations ?

 

Et si le problème n’était pas le fait de changer ?

Et si le problème était plutôt la manière dont on nous a appris à considérer ces changements ?

 

Pendant longtemps, beaucoup de personnes ont cru qu’être équilibré signifiait être identique tous les jours.

Mais la réalité humaine est beaucoup plus nuancée que cela.

 

Nos émotions évoluent.
Notre énergie évolue.
Nos besoins évoluent.

 

Et cela ne signifie pas forcément que quelque chose ne va pas.

Au contraire.

 

Parfois, ces variations sont simplement la preuve que notre corps et notre esprit essaient encore de communiquer avec nous.

 

Le problème apparaît souvent lorsque l’on refuse systématiquement de les écouter.

Parce qu’à force de nier ce que l’on ressent, on finit par créer un conflit intérieur permanent.

 

Alors que lorsque l’on commence à comprendre son propre fonctionnement… beaucoup de choses deviennent plus douces.

On arrête progressivement de se battre contre soi-même.

 

Revenir à soi concrètement

 

Comprendre son rythme intérieur ne signifie pas vivre uniquement selon ses émotions.

Cela signifie plutôt apprendre à s’observer avec honnêteté.

 

À reconnaître les périodes où l’on a besoin de ralentir.

À accepter que certaines phases soient plus sociales, plus créatives ou plus dynamiques… et que d’autres demandent davantage de repos et d’introspection.

 

Cela peut aussi passer par des choses simples.

Observer son énergie.
Son niveau de fatigue.
Ses émotions.
Ses besoins réels.

Sans immédiatement chercher à tout corriger.

 

Parce que plus l’on apprend à écouter son propre rythme, moins l’on ressent le besoin de lutter contre soi-même.

Et souvent, ce simple changement de regard transforme déjà énormément de choses.

On devient plus doux avec soi-même.

Plus lucide aussi.

 

On comprend que certaines périodes ne sont pas faites pour produire davantage… mais pour ralentir, ressentir et revenir à l’essentiel.

 

Vous n’avez pas besoin d’être identique pour avoir de la valeur

 

Pendant longtemps, beaucoup de personnes ont essayé d’être toujours les mêmes.

Toujours motivées.
Toujours stables.
Toujours disponibles.

 

Mais cette pression finit souvent par créer davantage d’épuisement que d’équilibre.

Parce qu’au fond, être humain, c’est aussi traverser des cycles.
Des variations.
Des périodes différentes.

Et cela ne retire rien à votre valeur.

 

Peut-être qu’aujourd’hui, il ne s’agit pas de devenir quelqu’un de plus constant.

Peut-être qu’il s’agit plutôt d’apprendre à mieux comprendre la personne que vous êtes déjà.

Avec ses élans.
Ses ralentissements.
Ses besoins.
Ses émotions.

 

Parce que parfois, le vrai apaisement commence lorsque l’on cesse enfin de vouloir être identique en permanence.

 

 

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